Forme parfaite – Claude Lorent

Un ovale tracé en blanc sur blanc, en noir sur brun, en réserve sur fond photographique rehaussé de blanc. La réminiscence d’une figure de madone de Piero Della Francesca vue par l’artiste, Brigitte Closset. Une forme parfaite, souple et géométrique, douce et rigoureuse, une énergie contenue, une source d’émotion, qui s’impose comme une allégorie permanente et obsessionnelle. Mais de quoi ?
Du visage, de l’être humain, de la peinture en ce qu’elle est miroir et/ou reflet, du tout, de la vie, du vide…? Une figure qui tient de l’apparition et appartient par les vibrations, au monde sensible, à celui de l’épiphanie énigmatique. En un triptyque qui pourrait être un reliquaire, de chaque côté, dans la même émergence diaphane, des ébauches florales. Les formes sont à saisir en leur évanescence. Nous diraient-elles qu’elles ne font que passer ?
Claude LORENT
La Libre Belgique, 10 octobre 2001