Armand Silvestre – Brigitte Closset

Octobre 2004, ils se rencontrent … il regarde le travail, intrigué … il critique. Elle entend et répond par une lettre qui désormais va les engager, les lier, car ils se reconnaissent dans un instinct commun, dans une émotion profonde de la peinture qui va les faire se parler. Il est question de l’ove (dont l’artiste va féminiser le genre°), mais “l’ove, est-ce une surface ou un trait ?”… Enigme intarissable et porteuse qui les met au travail pour construire une amitié respectueuse et chargée, marquée par la différence des générations qui donne alors à la transmission toute son intensité. Il la provoque et lui ouvre des perspectives. Tout se passe comme s’ils savaient où ils ont à aller. Les oves s’animent en lui comme si elles étaient temporairement sa priorité, il ne doute plus. Lui qui interroge sans cesse, … Il se repose, il s’y repose. Elle entend bien quelque chose de son expérience, de sa vérité, de sa vie. Ainsi, elle se les approprie à nouveau pour mieux les faire danser, pour mieux les remettre en péril. Entre ces deux-là, il est bien question d’émotions poétiques, d’existence, de sensibilité et de création.

Pauline Bastin

‘’Armand Silvestre- Brigitte Closset, Textes et Peintures’’
Edition de La Renaissance du Livre
Liège, sept 2007

Ce livre n’est pas un catalogue d’artistes mais plutôt le témoignage d’une belle rencontre entre deux artistes.

L’une s’appelle Brigitte Closset, peintre, elle a réduit au maximum son vocabulaire plastique pour se consacrer essentiellement depuis quinze ans à l’ove, forme qu’elle découvre, éblouie, dans une fresque de Piero delle Francesca à Monterchi. Ces oves, elle va les décliner presque à l’infini en jouant sur la gamme des blancs et des gris.

Quarante années séparent Brigitte d’Armand Silvestre, peintre lui aussi et qui va vers ses 86 ans. Cette différence, loin de les éloigner, a nourri la richesse de leurs longues conversations dont le point de départ fut l’étonnement d’Armand Silvestre sur le travail à la fois répétitif, obsessionnel et minimaliste de Brigitte Closset. Une démarche très différente de ses recherches abstraites et expérimentales en tout sens.

Armand Silvestre va donc cette fois par l’écriture tenter de percer le mystère de ce travail.

Ce livre, qui propose donc ses textes souvent poétiques sur les ’’oves’’ de Brigitte Closset, est peu banal. Rares sont les artistes peintres qui acceptent d’être ‘’vus’’ et ‘’décortiqués’’ par leurs pairs, rares sont ceux qui jouent ce jeu avec simplicité et authenticité en se remettant en quelque sorte aux mains de l’autre, en prenant le temps de se dire, de se dévoiler. . .

De ce dialogue d’une profonde intensité, reflet d’une histoire d’amitié picturale tendre et complice est né ce livre, à découvrir sans précipitation. . .

Dominique Mathieu